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NICOLAS BOUVIER "Journal d'Aran et d'autres lieux" (Suisse, 1990)

  • Pascal Bomy
  • 12 sept. 2019
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 févr. 2020


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Nicolas Bouvier est encore de nos jours considéré comme la référence francophone en ce qui concerne le récit de voyage. Son ouvrage « L’usage du monde » de 1963 a été lu par des millions de personnes à travers le monde qui y découvrirent une autre manière de voyager et d’appréhender des lieux ainsi que les Hommes qui y habitent. Moi-même sur le point d’entreprendre un long voyage et de chercher à en écrire quelque chose, il fallait que je me mette à cette lecture. « Journal d’Aran et d’autres lieux », bouquin d’occasion acheté au Gibert Joseph du boulevard Saint-Michel ferait l’affaire.


Ce récit de Bouvier est merveilleusement bien écrit. L’aventurier aime les lieux qu’il visite et leur rend bien. Ils parlent des hommes avec bienveillance, les décrit avec minutie mais on pourrait se demander s’ils ne sont pas seulement la version de Bouvier. Sont-ils aussi attachants, maladroits et réels qu’il veut bien l’écrire ? Nous parle-t-il seulement de l’Irlande d’aujourd’hui ? Ce récit relève d’une littérature de qualité, néanmoins certains passages de part la grande érudition qui en dégage en deviennent un brin obscur. Il y a des descriptions qui relèvent de l’imaginaire, quelques raccourcis, et les remarques sur les femmes se limitent presque exclusivement au physique de celles-ci. Je détestais l’allusion aux chewings-gums que des prostituées coréennes auraient collés sur le mur de la chambre où il passa la nuit, sans qu’aucun discours politique ne soit exprimé ou qu’un minimum de compassion ne transpire dans le récit.


« Le voyageur n’a rien vu s’il n’a vu les Hommes ». Cette phrase sur la quatrième de couverture est vraie. Toutefois, Bouvier ne donne que rarement la parole à ces Hommes qu’il prétend voir, connaître autant que se peut. Il est indéniable que Nicolas Bouvier est un grand écrivain, mais il manque à s’attacher à une certaine objectivité, à écouter ces personnes qu’il a rencontrées pour prétendre percer une partie de leur mystère. Retrouverai-je cette dimension dans d’autres récits du voyageur intrépide ?

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