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THE IRISHMAN (2019)

  • Pascal Bomy
  • 23 nov. 2019
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 févr. 2020


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« C’est long ! Mais qu’est-ce que c’est long ! » Voilà ce que je me dis à la sortie de la salle de projection après plus de 3 heures en compagnie de De Niro, Pacino et Pesci. Cette première impression me conforta dans l’idée de ne rien pouvoir écrire sur le dernier film de Martin Scorsese. Cependant, je me repentis.


Le thème du film en soi ne réveilla en moi que peu de curiosité bien que le fait de découvrir d’une autre manière le personnage de Hoffa ne manque pas d’intérêt, surtout quand on y révèle que la mafia italienne serait responsable de sa disparition ainsi que de l’investiture et de la mort précoce de Kennedy. On se demande alors en quoi cela relève du fantasme, d’une Histoire romancée ou s’il s’agit du discours dénonciateur d’un récit américain des plus mensongers - ce qui ne me suprendrait qu’à moitié vu que l’Histoire de ce pays relève plus du mythe grec que de faits réels et objectifs. J’ai ressenti des longueurs, me demandant si telle ou telle scène valait vraiment la peine d’être filmée, si l’abondance de détails permettait réellement de mieux saisir les qualités et parts d’ombre des personnages. Cela manqua de scènes mémorables, à la limite de l’absurde, auquel le cinéaste nous avait habituées dans Goodfellas ou Casino. Bref, j’étais un peu perdu dans cette longue série de séquences qui naviguent dans le temps, des années 60 à aujourd’hui, et m’assoupis quelques minutes avant de me réveiller définitivement et de suivre le film jusqu’au bout.


En dépit de ce bémole majeur, je me rendis compte le lendemain que les visages des trois acteurs, exceptionnels dans le film (encore des nominations à de nombreux prix en perspective) s’étaient gravés dans mon esprit. Quelle grande leçon de cinéma ! Scorsese est un virtuose dans l’usage de la caméra, excelle dans le montage, la palette des couleurs et la photographie d’une grande beauté. Tout est visuellement parfait et les très gros plans sur les visages rabougris de Pesci et De Niro qui pourraient générer une certaine répulsion (comme pour Peggy enfant dans le film) sont magnifiques. L’approche visuelle nous les rend incroyablement attachants et même si ce sont des monstres extraordinaires, on apprend à aimer ces hommes dont l’unique intérêt est l’argent et le pouvoir.


En définitive, suivre l’Irlandais pendant quelques heures, au bout du récit, nous octroie la possibilité d’entrevoir ce qu’il renfermait. Son geste impardonnable, incompréhensible nous rappelle ce que la mafia représente au-delà d’un certain folklore, d’une esthétique qui fascine à travers les costumes, les bagnoles et les restaurants fort ragoûtants. Le piège s’est refermé sur celui qui fut soit trop naïf soit insensible aux conséquences d’un tel engagement, du respect d’un code désormais désuet. Et les acteurs fétiches de Scorsese nous ont offert une dernière ronde qui sera certainement l’une des plus mémorables tandis que le cinéma du XXème siècle, lentement, s’éteint.

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